Lisbonne est souvent citée comme l’une des capitales les plus sûres d’Europe, attirant les voyageurs avec sa lumière incroyable et sa douceur de vivre, mais il ne faut pas s’y tromper.
Derrière les façades d’azulejos et les pasteis de nata, nous avons constaté qu’il existe une réalité urbaine où la sécurité à Lisbonne nécessite une attention particulière, surtout face à une petite délinquance très active.
Nous avons arpenté les sept collines de la ville pour vous livrer une analyse lucide des quartiers à éviter et des pièges à déjouer pour que votre voyage reste un souvenir impérissable.
Les quartiers à éviter et zones de vigilance à Lisbonne
Il est important de distinguer le centre touristique, où le danger est principalement le vol, de la périphérie où l’intégrité physique peut être menacée.
La capitale portugaise reste très sûre globalement, mais certains secteurs changent d’atmosphère radicalement une fois la nuit tombée ou sont simplement des zones de non-droit pour les touristes.
Voici les zones spécifiques où nous vous recommandons la plus grande prudence ou une éviction totale de votre itinéraire.
Martim Moniz et l’Intendente la nuit ?
Ce secteur est en pleine mutation et devient même « tendance » le jour avec ses cafés branchés, mais nous avons observé une ambiance très différente le soir venu.
Située juste derrière la place centrale du Rossio, cette zone est historiquement un point de rencontre pour diverses communautés, ce qui en fait un lieu riche culturellement mais parfois tendu.
La nuit, les petites rues qui relient Martim Moniz à l’Avenida Almirante Reis peuvent devenir oppressantes, avec des groupes d’hommes statiques et des sollicitations fréquentes pour des substances illicites.
Nous avons ressenti un sentiment d’insécurité palpable dans les ruelles peu éclairées où le trafic de drogue est plus visible qu’ailleurs dans le centre.
Si vous devez traverser ce quartier pour rejoindre votre logement, restez impérativement sur l’avenue principale éclairée et évitez les raccourcis sombres.
- Risques principaux : Harcèlement de rue, trafic de drogue visible, vols à l’arraché.
- Lieux spécifiques : Rua do Benformoso (la nuit), les abords de la station de métro Intendente.
- Ambiance : Glauque par endroits avec une forte concentration de personnes alcoolisées.
- Conseil : Privilégiez un Uber pour rentrer si votre hôtel est dans ce secteur.
Chelas et la zone J (Périphérie Est)
Contrairement aux quartiers précédents qui sont centraux, Chelas est un grand ensemble résidentiel situé à l’est de la ville que vous ne devriez normalement pas croiser.
Cependant, avec la montée des prix des logements, nous savons que certains touristes sont tentés par des locations Airbnb bon marché dans ces secteurs sans connaître la réputation des lieux.
C’est une zone de barres d’immeubles défraîchies qui souffre de problèmes sociaux importants et d’un taux de criminalité supérieur à la moyenne lisboète.
Il n’y a absolument aucun intérêt touristique ici, et le fait d’être un étranger avec un appareil photo ou un smartphone à la main vous désigne immédiatement comme une cible.
Les transports en commun y sont moins fréquents le soir, ce qui peut vous laisser bloqué dans un environnement où vous ne maîtrisez pas les codes.
- Risques principaux : Braquages, vols de voiture, agressions physiques.
- Situation : Au nord du Parc des Nations, loin du centre historique.
- Logement : Évitez absolument de réserver un appartement dans ce secteur, même si le prix est attractif.
- Transport : Difficile d’accès et peu de taxis acceptent de s’y attarder la nuit.
Cova da Moura (Amadora)
Techniquement située à Amadora dans la banlieue proche, c’est une zone que nous devons mentionner car elle est souvent citée comme l’un des endroits les plus dangereux du Portugal.
C’est un quartier informel, construit sans plan d’urbanisme par la communauté cap-verdienne, qui possède ses propres règles et où la police n’entre que très rarement.
Nous insistons sur le fait que ce n’est pas une zone de tourisme « d’aventure » : s’y rendre par curiosité est irresponsable et réellement dangereux.
Des incidents violents, y compris des tirs d’armes à feu liés aux guerres de gangs, y sont rapportés régulièrement par la presse locale.
Un touriste égaré ici, suite à une erreur de train ou de bus, se mettrait en situation de danger immédiat.
- Risques principaux : Violence armée, hostilité envers les étrangers et les caméras.
- Règle absolue : Ne jamais s’y rendre, sous aucun prétexte.
- Transport : Attention aux trains de banlieue qui s’arrêtent à proximité, ne descendez pas au hasard.
- Contexte : Zone de non-droit quasi totale pour les autorités.
Cais do Sodré et la Pink Street aux heures tardives
Cais do Sodré est le cœur de la vie nocturne, célèbre pour sa rue peinte en rose, mais c’est aussi un aimant à problèmes une fois que l’alcool coule à flots.
Nous aimons y aller boire un verre en début de soirée, mais vers 3 ou 4 heures du matin, l’ambiance vire souvent au chaos éthylique.
C’est le terrain de chasse favori des pickpockets qui profitent de l’état d’ébriété des touristes pour vider les poches sans résistance.
Les bagarres y sont fréquentes à la sortie des clubs, et les dealers (vrais ou faux) sont extrêmement agressifs et collants dans cette zone.
Le sol est souvent jonché de verre brisé, et les mouvements de foule peuvent être dangereux si une rixe éclate.
- Risques principaux : Vols sur personnes ivres, bagarres, harcèlement agressif.
- Lieux spécifiques : Rua Nova do Carvalho (Pink Street), la place devant la gare.
- Moment critique : À la fermeture des bars et discothèques.
- Vigilance : Surveillez votre verre et vos amis, ne restez pas isolé dans un coin sombre.
Le contexte global de la sécurité lisboète
Pour bien voyager à Lisbonne, il faut comprendre que le danger n’est pas là où on l’attend.
La ville est pacifique, les armes sont invisibles, mais l’astuce et la ruse sont les armes principales des délinquants qui visent les visiteurs.
L’arnaque omniprésente des « vendeurs de drogue »
C’est l’expérience que 100% des touristes hommes vivront au moins une fois dans le quartier de la Baixa (autour de la place du Commerce et Rossio).
Nous avons été abordés des dizaines de fois par des individus nous tendant une barrette sombre en murmurant « Hashish, Coke, Marijuana ? ».
Il est crucial de savoir que ce n’est pas de la drogue.
C’est une arnaque pure et simple : ils vendent du laurier pressé, du bouillon cube ou du doliprane écrasé à des prix exorbitants.
Si vous refusez, ils ne sont généralement pas violents, mais ils peuvent être intimidants ; la meilleure réaction est de les ignorer totalement sans même un regard.
La police ne peut pas faire grand-chose car techniquement, vendre du laurier n’est pas un trafic de stupéfiants.
- Lieux : Rua Augusta, Praça do Comércio, Rossio.
- Produit : Fausse drogue (épices, plâtre).
- Réaction : « Não, obrigado » et continuer de marcher sans s’arrêter.
- Risque : Perte d’argent uniquement, pas de risque légal ou physique majeur.
Les pickpockets du Tram 28
Le tramway jaune numéro 28 est une icône de la ville, mais c’est aussi ce que nous appelons le « transporte-pickpockets ».
Entassés comme des sardines dans ce véhicule historique, les touristes sont concentrés sur le paysage et les virages, oubliant totalement leurs sacs à dos.
Nous avons vu des professionnels à l’œuvre qui montent en groupe : un bloque le passage, l’autre pousse, et le troisième fouille les sacs.
C’est le lieu de vol numéro un à Lisbonne, devant même le métro.
Si vous voulez faire l’expérience, faites-le très tôt le matin (avant 8h30) ou prenez le tram 12E qui fait une boucle similaire mais moins bondée.
- Technique : Profitent des secousses et de la promiscuité.
- Cible : Sacs à dos portés dans le dos, portefeuilles dans les poches arrière.
- Conseil : Sac sur le ventre impérativement, mains sur les fermetures éclair.
- Alternative : Marchez, c’est le meilleur moyen de voir Alfama.
Les endroits incontournables et sûrs à visiter
Fort heureusement, la grande majorité de Lisbonne est un havre de paix où l’on se sent merveilleusement bien.
Nous avons sélectionné pour vous des zones où la sécurité est optimale et où vous pouvez relâcher la pression.
Le Parc des Nations (Parque das Nações)
C’est la partie ultra-moderne de la ville, construite pour l’exposition universelle de 1998, et c’est un modèle de sécurité urbaine.
Nous apprécions cet endroit pour ses larges esplanades le long du Tage, loin des pavés inégaux et des ruelles sombres du centre historique.
La zone est surveillée, bien éclairée, et fréquentée par des familles locales le week-end, ce qui crée un contrôle social naturel très rassurant.
C’est l’endroit idéal pour se promener, visiter l’Océanarium ou prendre un verre en terrasse sans craindre pour ses affaires.
La gare d’Oriente, bien que très fréquentée, reste sûre tant qu’on applique les règles de base de vigilance.
- Atouts : Espaces ouverts, vidéosurveillance, ambiance familiale.
- Public : Familles, joggeurs, hommes d’affaires.
- Activités : Téléphérique, Océanarium, shopping au centre Vasco da Gama.
- Accès : Très facile en métro (ligne rouge).
Belém et la zone monumentale
Situé à l’ouest du centre, Belém est le quartier des grandes découvertes et respire l’histoire et la tranquillité.
Nous aimons nous y rendre pour respirer l’air marin et déguster les fameux pastéis ; l’espace y est vaste et la foule moins oppressante que dans la Baixa.
La présence de nombreux monuments officiels et du palais présidentiel assure une présence policière discrète mais constante.
Les parcs et jardins sont très sûrs en journée, parfaits pour une pause lecture ou un pique-nique.
Le seul point noir reste le passage souterrain pour accéder au Padrão dos Descobrimentos où des musiciens jouent souvent, créant des goulots d’étranglement propices aux vols.
- Atouts : Monuments grandioses, grands espaces verts, police présente.
- Vigilance : Attention dans la queue pour la pâtisserie « Pastéis de Belém ».
- Transport : Le train depuis Cais do Sodré est sûr et rapide.
- Ambiance : Touristique mais détendue et aérée.
Nos conseils pratiques pour se déplacer en sécurité
Se déplacer à Lisbonne est facile, mais la topographie de la ville demande un peu d’adaptation.
Nous utilisons quotidiennement ces astuces pour éviter les ennuis et la fatigue inutile.
Utiliser les VTC plutôt que les taxis le soir
Si les taxis beiges (ou noirs et verts) sont généralement honnêtes, nous avons remarqué que le soir, certains tentent de ne pas mettre le compteur ou de faire des détours.
À Lisbonne, les applications comme Uber ou Bolt sont incroyablement bon marché et offrent une sécurité totale grâce au traçage GPS.
Pour rentrer d’une soirée à Bairro Alto ou Cais do Sodré, c’est la solution la plus sûre pour éviter d’attendre dans la rue ou de marcher dans des zones incertaines.
Le coût est souvent inférieur à 5 ou 6 euros pour une course dans le centre, ce qui ne vaut pas la peine de s’en priver.
- Avantage : Prix fixé à l’avance, pas de barrière de la langue.
- Sécurité : Vous attendez le véhicule à l’intérieur du bar/restaurant.
- Disponibilité : Très nombreux, temps d’attente minime.
- Conseil : Vérifiez toujours la plaque d’immatriculation avant de monter.
Attention aux sols glissants et aux trottoirs
Le danger numéro un à Lisbonne n’est pas un criminel, c’est le trottoir lui-même (la « calçada portuguesa »).
Ces petits pavés calcaires sont magnifiques mais deviennent de véritables patinoires dès qu’il pleut ou qu’ils sont usés par le temps.
Nous avons vu plus de touristes aux urgences pour des chevilles foulées ou des chutes que pour des agressions.
De plus, les trottoirs sont souvent étroits et encombrés, vous obligeant parfois à marcher sur la route où les tramways et les tuk-tuks circulent vite.
Soyez particulièrement vigilants dans les descentes d’Alfama et de Graça.
- Chaussures : Bannissez les talons et les semelles lisses. Baskets obligatoires.
- Pluie : Redoublez de prudence, le sol devient comme du verre.
- Tuk-tuks : Ils conduisent parfois de manière anarchique, ne les laissez pas vous surprendre.
- Escaliers : Utilisez les rampes quand elles existent.
Tableau récapitulatif des risques par zone
Voici une synthèse pour vous aider à visualiser rapidement les niveaux de vigilance à adopter selon les quartiers.
| Quartier / Zone | Niveau de Vigilance | Type de Risque Principal | Notre Conseil |
| Martim Moniz (Nuit) | Élevé | Drogue, harcèlement, vol | Évitez les rues sombres, prenez un Uber. |
| Tram 28 | Très Élevé (Vols) | Pickpockets professionnels | Sac devant vous, évitez les heures de pointe. |
| Baixa / Rossio | Moyen | Arnaque à la fausse drogue | Ignorez totalement les vendeurs, ne répondez pas. |
| Cais do Sodré (Nuit) | Moyen / Élevé | Vols, bagarres, ivresse | Restez en groupe, surveillez vos verres. |
| Chelas / Cova da Moura | Très Élevé | Violence, insécurité réelle | Ne vous y rendez jamais, zone hors tourisme. |
| Alfama (Jour) | Faible | Chutes (pavés), petits vols | Portez de bonnes chaussures, profitez de la vue. |
Conclusion
En définitive, Lisbonne mérite amplement sa réputation de ville accueillante et chaleureuse où il fait bon vivre.
Les quartiers à éviter se limitent essentiellement à des zones périphériques où vous n’avez aucune raison d’aller, et à quelques rues du centre la nuit qui demandent juste un peu de bon sens.
Si vous faites attention à vos poches dans le tramway et que vous ignorez les vendeurs de fausse drogue, votre séjour sera idyllique.
Nous gardons des souvenirs magiques de couchers de soleil sur le Tage et nous sommes certains que vous tomberez vous aussi sous le charme de la ville blanche.
Soyez prudents, chaussez-vous bien, et laissez-vous porter par la mélancolie joyeuse du Fado en toute sérénité.
FAQ – Questions fréquentes sur la sécurité
Est-il sûr de marcher seul la nuit à Lisbonne ?
Dans les quartiers touristiques comme Baixa, Chiado ou Bairro Alto, c’est globalement sûr car il y a du monde. Cependant, évitez les ruelles désertes d’Alfama ou de Mouraria tard la nuit si vous êtes seul(e), car l’éclairage est faible et les rues labyrinthiques.
L’eau du robinet est-elle potable ?
Oui, l’eau du robinet est parfaitement potable, saine et contrôlée partout à Lisbonne. Vous pouvez boire l’eau des fontaines publiques sans crainte et demander une carafe d’eau au restaurant, c’est courant et sûr.
Les vendeurs de drogue dans la rue sont-ils dangereux ?
Non, ils ne sont pas physiquement dangereux. Ils sont surtout très pénibles et insistants. Ils savent que la police les surveille, donc ils évitent l’agression. Le plus grand risque est de se faire arnaquer en achetant du laurier au prix de l’or.
Y a-t-il des quartiers à éviter pour un logement Airbnb ?
Oui, évitez les zones trop excentrées comme Chelas, Olaias ou Amadora. Restez dans le « cercle » du métro central. Méfiez-vous aussi des rez-de-chaussée dans Bairro Alto à cause du bruit infernal qui peut gâcher vos nuits plus sûrement qu’un voleur.
Uber est-il sûr pour les femmes seules ?
Tout à fait. Les chauffeurs sont notés et suivis par GPS. C’est le moyen de transport que nous recommandons le plus pour les retours nocturnes. Assurez-vous simplement que la photo du chauffeur et la plaque correspondent avant de monter.




